Plus sur l'écrit
Surmonter les difficultés des niveaux intermédiaires
Apprendre une langue est parfois la passion d'une vie. Mais l'apprentissage est aussi un chemin semé d'obstacles qui réserve bien des découragements et des frustrations. Au début de l'apprentissage, les progrès sont fulgurants : les contenus à assimiler sont fortement structurés, le vocabulaire est quotidien et progressif. L'univers linguistique est familier, bien ordonné : c'est celui des repas, de la famille, du travail. Mais à un niveau intermédiaire ou avancé, la progression n'est plus ascensionnelle. La langue semble nous opposer une résistance: les mots s'associent les uns aux autres selon des règles mystérieuses, la syntaxe des premiers niveaux se complexifie. Bref, la langue nous apparaît pour ce qu'elle est : une extraordinaire construction humaine qu'aucun locuteur, même natif, ne possède jamais tout à fait!
À ce stade, le décalage se confirme entre ce qu'on est capable de comprendre et ce que l'on peut exprimer. C'est que, pour parler avec naturel, il faudrait avoir immédiatement à disposition tout ce que l'on appris en matière de vocabulaire, de grammaire, de syntaxe. Chose impossible dans le temps court de la conversation.
L'apport de l'écrit : stable, autonome et rassurant.
Le temps de l'écrit n'est pas celui de l'oral. Il s'agit d'une communication différée. En rédigeant, on réactive ses connaissances. Et surtout, on prend le temps de chercher le mot juste, de tester différentes syntaxes, de s'auto-corriger. Ce que l'on ne peut pas faire quand on parle.
De plus, l'écriture est un processus autonome.Il n'est pas possible de compter, comme à l'oral, sur la participation active d'un locuteur plus avancé, qui guide, complète, reformule les propos maladroits. L'auteur du texte est seul maître à bord.
L'écriture est donc un exercice exigeant. Pourtant, parce qu'il ne se situe pas dans l'immédiateté, l'écrit est souvent pour les apprenants plus rassurant que l'oral. Les études qui se sont penchées sur les émotions en classe de langue montrent que la prise de parole suscitent davantage d'appréhension, voire de peur chez les étudiants. Or, moins de stress, c'est bon pour l'apprentissage